Les néoruraux

Qu’est-ce qui a pu inciter des habitants de région parisienne à s’installer à Ouzouer-sur-Trézée? 

– Quelles sont leurs attentes?

– Quels sont les risques?

-Comment leur présence est-elle perçue par les habitants  locaux?

Vendredi 2 Novembre 2012

I Introduction.

Melinda et Pascal Guillard tiennent le « Bar de la Marine », dernier café d’Ouzouer. Ils sont sur place depuis six ans, en pensant trouver un monde plein d’opportunités. Le bilan semble depuis mitigé en six ans de présence.

II Etre néorural.

-Quels avantages ?

-Quels risques ?

J’ai pu rencontrer Pascal, qui, traits tirés et visage fermé, m’a affirmé qu’on « ne s’en sortait pas mieux financièrement ». Pourtant, Melinda clame que « la qualité de vie et le cadre » l’on séduite et que « les loyers et les assurances sont moins chers ».

                Pourtant, cette installation précipitée en milieu rural n’est pas sans risque pour ces individus à dominante urbaine. Le 10/10/12, Melinda fait part de son inquiétude lors d’un interview  accordé au journal La République du Centre, dans lequel elle se plaint du manque de clients dont souffre son établissement, mais surtout du manque de soutien de la part de la mairie, qui, selon elle, devrait mener une politique interventionniste en faveur des petits commerces. Elle a donc décidé de fermer pendant trois jours  le cabaret qu’elle tient, d’accord avec son mari. Cela a provoqué des réactions non pas de la mairie, cible prévue, mais des clients.

III Le point de vue des clients : Echange avec Arlette et Maurice.

Clients que j’ai pu rencontrer. Arlette et Maurice et leurs jeunes enfants, âgés vraisemblablement entre trois et cinq ans, m’ont gentiment accordé un entretien de quelques instants. Ils sont nouveaux arrivants, en provenance de la Somme, après un épisode parisien -d’une durée que je n’ai pas pu obtenir- Ils « viennent d’acheter » selon les mots d’Arlette et n’ont pas senti de changements d’atmosphère suites aux difficultés rencontrés par les gérants. Ils ne boivent « que du café », une des consommations les moins chères, ce qui laisse penser que le pouvoir d’achat des ménages en milieu rural est en baisse depuis le début de la crise, en 2008. Envoyant leur fils Théo gratter un ticket de loterie, comme « toutes les semaines », les parents profitent d’une atmosphère décontractée et chaleureuse. Mais pour combien de temps encore ?

IV Des repas du soir sur lesquels reposent les espoirs.

En lisant l’interview de Melinda, j’ai appris que le « Bar de la Marine » propose, depuis un an, à ses clients de dîner autour du thème de la gastronomie française. Un investissement de 30.000 euros a été fait. Le restaurant dispose d’un atout de taille à ne pas négliger : une vue imprenable sur le Canal de Briaire, où défilent les péniches, surtout en été. Reste à savoir si cela suffira à relancer le café.