Les effets économiques et culturels de l’isolement géographique du Finistère.

I L’isolement permet le maintien de la culture et des traditions locales

a)      La vitalité de la religion catholique

Plus qu’ailleurs, la culture est davantage d’origine rurale qu’urbaine. La religion catholique est solidement implantée. Il m’a été malheureusement impossible d’obtenir des chiffres précis portant sur le nombre de croyants. Certes, la France compte environ 44.000.000 millions de personnes baptisées, dont seulement sept millions sont pratiquantes, c’est-à-dire qu’elles vont à la messe le dimanche hormis les mariages, baptêmes, et enterrements. De toute manière, le constat est clair, le Finistère  est quasi-exclusivement catholique, ce qui se traduit par de très nombreuses églises, mais également des abbayes, comme c’est le cas à Landevennec, qui abrite également une communauté monastique. Cette prééminence du catholicisme s’explique non seulement  par le fait que la région est fondamentalement rurale et qu’elle n’a donc pas subi de mutation religieuse, mais également par l’histoire : le département a été un foyer de la résistance chouanne durant la Révolution de 1789.

Le pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray (Morbihan), le 26 juillet,  est également un bon exemple de la vitalité du catholicisme en Bretagne.

II Le maintien de la langue bretonne

Le breton, langue celtique, pratiquée essentiellement dans l’ouest de la péninsule (par rapport à la région rennaise, qui, elle, est francisée depuis longtemps, on y parle alternativement le gallo), est actuellement lu, écrit, et parlé par environ 40.000 personnes. Le nom du département est Penn-ar-Bed .  Le breton connait un renouvellement significatif après une période de déclin amorcée sous la III ème République. L’identité régionale est bien vivante bien qu’elle n’ait plus de connotation politique comme ce fut le cas au temps du FLB (Front de Libération de la Bretagne),  actif de 1966 à 1981, et dont l’objectif était de faire de la Bretagne un Etat indépendant.

Aujourd’hui, le breton est enseigné dans les écoles « diwan », où l’enseignement se fait en breton. Il est également possible de présenter un « baccalauréat bilingue français/breton » dans une demi-douzaine de lycée publique, essentiellement en Bretagne. Cet enseignement peut se poursuivre à la faculté de Rennes.

II Quels sont les moyens mis en place afin de désenclaver ces territoires ?

Les solutions de désenclavement mis en œuvre diffèrent selon la taille et donc la situation des villes et villages concernés. Le problème d’accessibilité existe dans le département, mais comment se manifeste-t’il localement ?

Généralités

Lorsque l’on évoque le problème de l’accessibilité du Finistère, l’on songe tout d’abord à l’absence d’autoroutes, choix politique. Celles-ci sont remplacées par des « 4 voies »  présentent l’avantage d’être gratuites et permettent de faire réaliser des économies significatives au voyageur arrivant de loin (28 euros  environ pour un Paris-Morgat). Toutefois, elles sont médiocrement entretenues dans l’ensemble et ralentissent de ce fait la durée des  trajets. Sur le plan des aménagements réalisés, soulignons le Pont de l’Iroise, pont à haubans  d’une longueur de 800, 5 mètres.

Etudes de cas : Ouessant, Landevennec  et Brest

J’ai été sur l’ile d’Ouessant,  ainsi qu’à Landévennec, sur le continent, où j’ai choisi observer de degré d’enclavement de ces deux  territoires.

a)      A l’échelle d’Ouessant

Premier constat : seules deux compagnies maritimes permettent d’effectuer la traversée continent-Ouessant, longue d’ 1 h 30 approximativement. En basse saison, seul un bateau effectue ce trajet. Le mode de transport, le bateau de tourisme, s’adapte au confort des locaux, mais surtout des touristes, environ 5000 à visiter l’ile durant l’été.

Il existe, encore aujourd’hui, des traces de l’archaïsme des structures sur Ouessant. En témoigne le phare, seule source d’approvisionnement en électricité de l’ile jusqu’en 1971, date à laquelle une centrale électrique fut installée.

Le problème se pose également pour les collégiens  et lycéens : il n’a toujours existé qu’une école primaire, et, plus récemment, un collège proposant les classes de 6 ème et de 5 ème. Les élèves à qui l’ile n’offre pas de possibilités scolaires doivent se résoudre à aller en internat à… Brest, située à cinquante kilomètres.

Les habitants de l’ile vivant malgré tout en circuit clos, il est néanmoins possible de trouver un bar tabac, une boulangerie, un fast-food, et même une librairie.

b)      A Landevennec, 346 habitants en 2010.

L’isolement se reflète également dans la vie de tous les jours, en témoigne l’épicerie communale, qui n’offre que des produits de première nécessité. Une cannette d’Oasis à l’orange coute 1,60, contre 1.00 environ en région parisienne.

c)       A Brest, métropole départementale

 

Brest, 141. 303 habitants,  située à l’extrémité occidentale de la péninsule,  est le deuxième port militaire français après Toulon. Elle est en outre hors  de l’orbite rennaise, ce qui lui permet de garder son indépendance. Toutefois, sa situation lui  impose une marginalisation, notamment  lors du projet de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, que Nantes héberge. Rennes a elle obtenue une prolongation de son réseau TGV. Toutefois, la cité finistérienne a su, à sa manière, s’imposer dans la région.

 

 

Du fait de sa position, Brest a toujours été privilégiée par la marine d’Etat, dont elle reste très dépendante. A Brest plus qu’ailleurs, les activités sont liées au relief. En effet, au fond de sa rade très protégée, la ville accueille l’Ile Longue, choisie par Charles de Gaulle  site militaire où se trouvent des SNLE (Sous-marins Lanceurs d’Engins). L’école navale est située à Lanvéoc,  non loin de là, sur le continent.

Son château a accueilli un bagne au temps de l’Ancien Régime, le condamné le plus célèbre étant le forçat Vidocq.  Il s’y  trouve un des deux Musées de la Marine Nationale (l’autre étant situé à Paris)

Dans des temps plus éloignés, la ville fut, le 1/8/ 1795, le point de départ de l’expédition La Pérouse, du nom de son capitaine. S’étant fixée l’objectif de faire le tour du monde, l’expédition disparut  corps et biens en 1788 à Vanikoro (Vanuatu).

Brest ayant été détruite durant un débarquement anglo-américain en 1944, il ne reste quasiment plus rien du Brest d’avant-guerre. Les activités touristiques sont très modernes, la plus célèbre étant l’Océanopolis (1990), parc animalier aquatique réputé, essentiellement à destination des jeunes enfants.

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